Après le nationalisme arabe, le pseudo-salafisme à la solde des rois et le soufisme, voici maintenant une autre voie désastreuse qui a mené notre communauté dans cette crise qu’est la notre aujourd’hui, la voie contemporaine des “Frères musulmans”. 

Bien que prometteuse à ces débuts [Education du peuple, purification, prêche, retours aux sources fondamentales, front contre les colons anglais et Juifs] et efficace dans la formation d’élite musulmane historique tels que ‘Abdullah ‘Azzâm, Sayyid Qotb ou encore Ayman al-Dhawâhirî, cette branche s’est engouffrée dans une spirale destrutrice qui a immobilisé la ferveur islamique légendaire et ronge aujourd’hui ses cadres jusqu’à sa disparition prochaine et ne nous nous en plaindrons pas.

Cette spirale c’est son acceptation de la mascarade démocratique, son dépôt des armes et son asservissement dans les constitutions hérétiques arabes. Etant prisonnière de son allégeance forcé aux autorités paiennes, la confrérie ne put éviter les concessions sans cesse conséquente et le contrôle totale des tyrans sur son évolution et ses cadres.

Le résultat est qu’aujourd’hui les”Frères musulmans” sont en voie d’extinction, comme nous le rappel cet article issue du site VOXNR :

Égypte : les Frères musulmans en crise

christian bouchet

Les nouvelles largement publiées dans la presse arabe annonçant la démission de Mohamad Mehdi Akef, le chef suprême des Frères musulmans d’Égypte, sur fond de différends au sein de la confrérie, ont été rapidement démenties. Mais, selon les journalistes égyptiens cela ne signifie pas que la situation soit sereine au sein d’une organisation où s’affrontent réformateurs et conservateurs.

Fondés en 1928, les Frères musulmans ont été officiellement interdits en tant que parti politique en 1954. Objet d’arrestations régulières, ils sont néanmoins relativement tolérés dans les faits. Depuis leur percée historique, lors des législatives de 2005, les Frères détiennent 20 % des sièges au Parlement égyptien.

Leur leader, Mohamad Mehdi Akef, a plus de 80 ans. Il a annoncé son retrait de la politique en 2010 et on assiste de ce fait à une guerre de succession qui oppose les « faucons » aux « Erdogans » (du nom du premier ministre islamiste de Turquie).

Les premiers, plus dogmatiques sur le plan idéologique, restent attachés aux principes d’Hassan al-Banna qui déconseillait de se mêler de politique. Les seconds, en revanche, sont en faveur de la création d’un parti islamiste parallèle à la confrérie et de la constitution d’un front uni anti-gouvernemental avec l’opposition laïque et de gauche.

Mahmoud Ezzat, secrétaire général du mouvement, représente le courant traditionaliste, alors que la figure la plus en vue de l’aile réformatrice est Essam al-Eriane, porte-parole de la confrérie et chef de son unité politique. Il est connu pour l’intérêt qu’il accorde à la démocratie et aux droits de l’homme, et sa la modération est telle qu’il a affirmé qu’un gouvernement auquel participeraient des Frères musulmans respecterait les accords signés avec Israël.

Si al-Eriane est considéré comme le poulain de Mohamad Mehdi Akef, il doit faire face à une forte opposition des autres dirigeants du mouvement dont les instances dirigeantes sont contrôlées par les conservateurs. Et c’est justement la virulence de cette opposition qui a entraînée la récente démission passagère du chef suprême de l’organisation politico-religieuse.

De son côté, le gouvernement égyptien, qui sait le danger électoral que représente les Frères musulmans, a tout intérêt à favoriser l’aile conservatrice dont il a moins à craindre. De là des emprisonnements sélectifs visant en priorité les réformateurs. Ainsi deux des principaux cadres de cette tendance Abdel-Moneim Aboul-Foutouh et Khaïrat al-Chater, ont récemment été jugés pour « blanchiment de fonds » et « appartenance à une organisation internationale », et condamné à sept ans de prison. Une manière habile de les mettre hors jeux, cela d’autant plus qu’al-Chater, un important industriel, semblait, avant son arrestation, le mieux placé pour accéder au poste suprême de la confrérie.

Alors que les hiérarques du mouvement s’affrontent, les jeunes génération quand à elle font leur révolution culturelle et Al-Ahram Hebdo, dans son numéro du 28 octobre dernier, consacre un long article aux « techno-Frères», ces jeunes membres du mouvement qui « utilisent dans leur propagande les blogs, Facebook et Youtube de manière à se faire comprendre, y compris à l’étranger. »

Cette jeune génération, qui est majoritairement réformatrice, contrôle principalement les outils médiatiques de la confrérie. Elle essaye d’interagir avec les nouveaux médias et la dynamique du modernisme occidental. Facebook lui a permis de conclure des alliances virtuelles avec des coalitions de jeunes de l’opposition libérale et de gauche, alors que ce genre de coalitions a échoué dans le monde réel de leurs aînés. Le groupe s’est aussi installé sur Secondlife pour y montrer ses projets culturels et il n’a pas hésité à créer Ikhwantube une version islamiste de Youtube… Quand à son site principal – Ikhwanweb – mis régulièrement à jour en arabe et en anglais, il s’est donné comme mission principale d’être la tribune idéologique de la confrérie à l’intention non seulement du public égyptien, mais aussi du monde académique, des chercheurs, des médias, des groupes de réflexions et des centres de décisions en Occident. Il vise, selon son rédacteur en chef, à permettre aux intellectuels occidentaux d’accéder à une information non biaisée concernant les Frères musulmans, une information leur permettant de comprendre leur message politique, culturel et aussi leurs propos religieux modérés.

Deux exemples de cette modération voulue et revendiquée nous sont donné avec la manière dont Ikhwanweb traite de la cause palestinienne comme d’un conflit entre les forces d’occupation israéliennes et les Palestiniens, en évitant toute référence à un affrontement idéologique entre musulmans et juifs, et avec celle d’aborder la situation en Irak sans faire référence au choc des civilisations, à la croisade ou au jihad.

Mais là aussi, le gouvernement égyptien veille et il a flairé le danger. Les locaux d’Ikhwanweb ont subi, en février 2008, une perquisition au cours de laquelle tout l’équipement informatique a été saisi, les bureaux fermés et le rédacteur en chef arrêté. Depuis, il est souvent difficile d’accéder aux sites de la confrérie victimes de fermetures administratives ou de piratage de la part des services du ministère de l’Intérieur. [Source]

 

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